poème sur ramadanJe t’ai regardé t’éloigner, depuis le seuil de ma porte, il y a de cela pratiquement une année. Comme la femme éprise regardant l’amour de sa vie s’en aller, comme la mère affectueuse se résignant le coeur meurtri à laisser partir son enfant, je me suis faite une promesse. Celle de t’attendre, de ne pas t’oublier et par dessus tout d’être prête lorsque tu reviendrais, car c’était désormais une certitude : tu reviendrais !
Oui j’en étais sûre, tu serais au rendez-vous, moi par contre, je ne savais guère si les battements de mon cœur se succèderaient jusqu’à ton retour…

J’avais donc après ton départ la ferme intention de ne pas laisser ton absence m’affecter, de ne pas perdre les bonnes habitudes que j’avais durement acquises à tes côtés. J’étais fermement résignée à devenir une personne meilleure, malheureusement qui dit loin des yeux… dit souvent loin du cœur ! Les secondes se succédèrent, puis les minutes, les heures, et le soleil continua ce bal incessant avec la lune… Chaque aube naissante apportait avec elle son lot de distraction et plus les jours passaient plus tu t’éloignais, emportant ton souvenir avec toi. Même les dettes que j’avais envers toi ont sombré dans l’oubli, après tout j’avais le temps : quand bien même je te reverrais, j’avais 12 mois devant moi pour te rembourser.

Ainsi la vie suivit son cours… et j’oubliai chaque promesse, chaque serment, chaque engagement pris quelques semaines auparavant. Il ne fallut que peu de temps avant que je t’oublie toi aussi, hélas et que je ne reprenne une vie d’insouciance !
Puis, sans que ne m’y attende, par une journée ensoleillée, je vis ta silhouette se dessiner à l’horizon. Je me précipitai alors vers mon agenda afin de vérifier ce qui manifestement ne faisait plus aucun doute : une année complète venait de s’écouler, juste là, sous mes yeux. Était-il possible que je ne puisse l’avoir vu passer ?
Une année s’était écoulée et ça n’était dorénavant qu’une question de jours avant que je ne te retrouve.
Pourtant à la simple mention de ton nom, à la simple pensée que peut-être je vivrai suffisamment longtemps pour te revoir, doucement mes souvenirs commencèrent à refaire surface, et ce qui fut jadis des résolutions fantômes se transforma peu à peu en semblant d’action.

Je sais également que je ne suis point la seule à attendre impatiemment ta visite, ô invité de prestige, j’ai vu les gens s’agiter autour de moi, je sais par avance que la concurrence se fera rude mais : «Bienvenue à toi, ô RAMADAN !»

Linda oum Zayd