fleur tristesse

Je te ressens, te perçois, amère, dans ma gorge nouée et douloureuse.
Entourant mon cœur serré, dans mes yeux embués, puis déferlant sur mes joues à présent inondées de ton flot d’eau salée.
Ton nom résonne tel un mal dont on voudrait bien se passer.
Tu es pourtant salvatrice, oh oui, si seulement on n’en doutait !
Tes fruits sont sucrés, si je sais les apprécier.

Sans toi, ô tristesse, je ne peux connaître et savourer à sa juste valeur ton contraire : la joie. Telles deux alliées, vous êtes intimement nouées.

Lorsque tu t’écoules sur mon visage et te déverses dans mon âme, je ne vois que la Miséricorde du Divin.
Il s’érige derrière tant de choses auxquelles nous ne prêtons pas attention.
Là, à chaque seconde, Il m’inspire cette peine pour me recentrer, ne pas cristalliser ma jovialité,
Ne pas oublier que cette vie n’est qu’éphémère, m’éprouver et par ce test m’honorer.
Elles coulent et me lavent, me rappelant que sans Lui je ne puis rien.

Tu tournes et tu retournes nos cœurs Mon Seigneur et cette tristesse ne s’éclipse que Grâce à Toi.
Ô Mon Dieu, Puisse celle qui m’a submergée, par Ta Toute Puissance me purifier.
Que tu sois déposée juste en surface ou plus profonde, je ne prendrais pas tes mauvais côtés.
Je m’accrocherai, et graviterai jusqu’à ton sommet, pour t’expérimenter et en comprendre tes bienfaits.

Ô tristesse, soit mon amie : je t’accueille avec tendresse.
Papillonne dans mon cœur et assouplis-le sans trop t’y incruster !
Ne m’insuffle que le bien de ta cause !
Balaie mes points d’ancrage à cette vie ici et abreuve-moi juste assez.

L’eau de tes gouttes me ramènera à une nouvelle envolée, à plus de clarté,
Le sel assèchera et cicatrisera cet émoi en moi.
Grâce à toi je me ressaisis, faisant de toi une force, je ne te laisserais pas engourdir mon coeur,
Reste en surface, ô tristesse, le temps de me rappeler à l’Essentiel.
Tu palpes ma sensibilité, infaillible pour parvenir à méditer.
Tu montres que mon cœur est encore un peu bercé de vie,
Ton eau féconde lui permettant de ne pas me tarir.

Mais aussi Ô tristesse, tu me désillusionnes, tu happes ma gaieté à l’envolée,
me rappelant cette évidente réalité : la vie n’est pas aisée et encore moins un conte de fées.
Tu largues les amarres  dans mon cœur tout d’abord perturbé, déchiré,
avant te parvenir à apprécier tes trésors cachés et non ton apparente agressivité.

Ô Allâh, Toi Notre Miséricordieux,
Je Te reconnais dans ce sentiment salutaire dont Tu me combles,
Tu veux seulement que je comprenne qui est Mon Secoureur,
Et que je n’oublie pas que cette vie est surtout un dur labeur,
Pour qu’après Tu me conduises à la Félicité afin de me rétribuer.
Ô Dieu ! Aide nous à supporter ! Nous sommes faibles et les états de notre cœur dépendent de Toi !
Chacun de Tes Décrets s’accomplit, et j’ai confiance en Toi Al Hâdi. ( Le Guide )

-Nûr-