Je l’avoue, mon titre est hyper racoleur, c’est fait exprès. Avec amertume, je me suis rendue compte que parler d’islam était beaucoup plus vendeur qu’une recette de gâteau pomme / kiwi. Il n’y a qu’à comparer le nombre de “like” sous un billet qui traite de hijab, je vous assure que c’est vrai. Le summum c’est lorsque tu arrives à parler d’islam, de hijab, le tout mélangé à la sauce femme bafouée, ça, c’est hyper prisé comme contenu sur la toile. Et bien pour la peine, je vais vous parler du dernier livre que j’ai lu. Il s’agit de “Mariée de force”, par Leila. Que l’on soit bien d’accord, marier sa fille de force, n’a rien à voir avec la religion musulmane, et pourtant l’amalgame est vite fait. Le mariage sans le consentement des deux personnes , comme nous l’apprend ce hadith, est interdit :

Hadith Sunan Abu Dawud Livre 11, No 2091:
Une vierge est venue au prophète (paix soit sur lui) et a mentionné que son père l’avait mariée sans son consentement, le prophète (paix soit sur lui) lui a alors permis d’exercer son libre choix.

J’ai la chance d’être née dans une famille où on laisse sa fille choisir son époux par amour et il m’est difficilement concevable de faire autrement. Si j’avais été contrainte d’épouser un homme qui ne me plait pas et que je n’ai pas choisi, je pense que j’aurais fuit. C’est facile à dire pour moi, puisque j’ai été élevée avec une certaine liberté. Mais comment aurais-je réagi si j’étais née dans une famille où la tradition et le qu’en dira-t-on imposent les façons de faire ? J’aurais sans doute fait comme Leila, je n’aurais pas eu d’autre choix que celui d’accepter, quitte à en mourir à petit feu. Avez-vous lu le livre Leila, mariée de force ? Lors de mon voyage en solo pour Marseille, je me suis plongée dans ce bouquin, prêtée par une amie. Au début, je n’ai pas accroché, j’ai trouvé que cette femme était très dure avec son papa. Je crois aussi que j’attendais le passage où elle parlerait de religion, j’étais blasée d’avance d’imaginer que islam et mariage de force seraient liés. Vers le milieu, j’ai commencé à apprécier le parcours de cette femme, qui a beaucoup été éprouvée, il faut l’avouer. Et je me suis définitivement réconciliée avec Leila lorsqu’à la fin elle précise qu’elle aime son papa plus que tout. J’ai juste du mal avec son incapacité à vivre loin de chez elle, pourquoi ne plaque-t-elle pas tout ? Mais c’est facile à dire pour moi, la petite française élevée façon “Je fais ce que je veux avec mes cheveux”.

J’ai une grosse pensée pour toutes les jeunes femmes qui sont mariées de force, et qui n’ont pas la force de refuser cette union, pour l’honneur de leur famille. Des fois même, cela tourne au drame, et pas forcément de la façon que l’on imagine. C’est l’histoire de Fadime, tuée par son propre père.

Ce dernier n’a visiblement pas supporté que sa fille dévoile dans les médias que son père l’a mariée de force. On comprend encore mieux l’emprise des traditions dans l’esprit des personnes, un père prêt à tuer sa propre fille, au nom de l’honneur, c’est de la folie.

Sur ma table de chevet ces jours-ci, le livre “Défigurée” de Rania Al-Baz m’attend. Je ne sais pas pourquoi j’aime lire les témoignages de ces femmes victimes des traditions et d’un pseudo islam, ça fait très “jeune femme en manque de sensation forte” vous ne trouvez pas ? C’est peut-être parce qu’en ce moment, mon esprit est ailleurs, et que je lirais n’importe quoi, pourvu que je lise et que je pense à autre chose…

L’illustration de ce billet a été crayonnée par Aurore Vanlo, n’hésitez pas à visiter sa galerie.